Menjez
se situe sur une colline portant le nom d'une famille française
(croisade) "El Guise" qui a construit ou restauré
la forteresse de " notre dame " situé à
proximité. Depuis, ce petit village devait porter
le nom " Mont Guise " et comme le dernier n'a
pas de synonyme phonétique dans la langue arabe,
il a dérivé vers " Menjez ".
Depuis longtemps les Maronites ont habité la région.
La profession de foi émise à Qannoubîne
en mars 1579, pendant la première mission du P.Eliano,
porte la signature de plusieurs de leurs curés.
Les terres appartenaient avant aux "turcmans",
qui vivaient à "Beyt Joumblat" et "Koura
El Maabour".
On raconte que la première famille qui s'est installée
à Menjez était "El Goumaa". Cette
famille a quitté son village natal "Hadath El
Joubé", ramenant avec elle une pierre de leur
ancienne église "Saint Daniel" qui est
devenue la pierre fondatrice de l'église actuelle
du village consacrée à Saint Daniel.
On n'a pas des registres ou des documents prouvant les
origines et les racines de toutes les familles de Menjez.
Or tous les noms figurant dans l'arbre généalogique
remontant au 19ème siècle nous proviennent
d'une part des histoires de nos ancêtres et d'autre
part des titres des propriétés .
Frontière :
Menjez a des frontières avec les villages Kfarnoun,
Remmah, Bardé, Kseir et Fraydisse.
Ses champs étaient les plus productifs dans toute
la région. Ses productions étaient plus nombreuses
que celles des villages voisins. Durant le printemps ses
champs étaient couverts d'un tapis de verdure décoré
par des milliers de fleurs de tous genres d'herbes ce qui
incitaient les bergers du voisinage, à venir faire
paître leurs bétails dans les champs de Menjez.
Cependant, de nos jours ses champs ont été
peu à peu envahis par la construction et les habitations.
Evènements
:
Avant de relatter les événements de Xxème
siècle on va d'abord parler d'un personnage très
important qui a marqué l'histoire moderne du village
: Cheikh Ibrahim EL KHOURY qui a joué un rôle
important dans l'amélioration du village par rapport
à ses voisins tout en évitant aux villageos
de payer les impôts à l'empire ottomane. Pour
lui rendre hommage, les pères jésuites ont
commémoré son souvenir par une ardoise au
dessus de la porte de l'église Notre Dame du fort
(Saydet El Kalaa), d'ailleurs c'est lui qui a offert les
terrains pour la bâtir.
Au XIXème siècle, Menjez n'a connu que de
bons évènements comme la guérison miraculeuse
de Boulos El Mrid d'une anémie qui a durée
sept ans, la constructions de l'église de Notre Dame
de la forteresse et l'église Saint Daniel, l'école
et le couvent des jésuites.
En revanche en Xxème siècle, Menjez a connu
plusieurs mauvais événements comme :
- La première guerre mondiale (1914-1918) où
ses hommes avaient disparus soit à la guerre soit
par l'exode et ne sont revenus que les rares chanceux.
- L'invasion comme partout ailleurs par les sauterelles
qui ont tout mangé causant une famine mortelle au
point que les gens ont dû manger les cadavres des
animaux et des autres morts pour survivre.
- Le départ des pères jésuites en 1924
qui a provoqué une profonde tristesse chez les villageois.
- En 1976, les villageois ont dû quitter Menjez sous
les menaces de mort causés par des assaillants qui
n'ont aucun respect ni pour les hommes (vivants et morts),
ni pour Dieu et ses sanctuaires.
Mekhael KARAM
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